Pansements à base de cellules souches : révolution ou espoir lointain ?

Pansements à base de cellules souches : révolution ou espoir lointain ?

Les cellules souches sont bien connues pour leurs capacité à se transformer en différents tissus notamment en tissu cutané. Elle peuvent aussi sécréter des facteurs de croissance, posant les bases de la médecine régénérative.

les cellules souches pour lesquelles les applications cliniques sont les plus avancées sont les cellules souches mésenchymateuses issues du tissu adipeux ou ADSCs (Adipose-Derived Stem Cells)

En effet le tissu adipeux contient une forte concentration de cellules souches par rapport à d’autres sources. De plus, leur application est simple.
Elle peuvent être prélevées et injectées chez un même patient réduisant la complexité des procédures.
Actuellement elles peuvent aussi être associées à des hydrogel et appliqués dans les plaies ou combinées avec du PRP.

Des essais cliniques sont en cours pour intégrer ces cellules dans des pansements biologiques avec ou sans matrice biologique.


En pratique

L’isolement des cellules souches à partir de graisse nécessite des équipements spécialisés pour obtenir des cellules purifiées et viables. Jusqu’à récemment cela impliquait l’utlisation d’enzymes (comme la collagénase).
Des systèmes portatifs permettent d’isoler ces cellules en salle d’opération grâce à des systèmes mécaniques sans utiliser d’enzymes.

Bien sûr cette approche est plutôt destinée à des plaies complexes.

Des études cliniques récentes ont montré des résultats encourageants :
sur les ulcères du pied diabétique,
sur les plaies radio-induites avec une réduction de la fibrose, de la douleur et une meilleur qualité de la peau.
sur les brûlures graves en limitant le risque de fibrose et l’hypertrophie cicatricielle

La tolérances est bonne avec peu d’effets secondaires.


Les défis

  • Les cellules souches restent très fragiles après prélèvement. Elles sont sensibles aux variations de température et nécessitent d’être transférées rapidement.
  • Le milieu de conservation doit être adapté pour préserver ses propriétés.
  • Le rendement reste faible.
  • La qualité dépend aussi de l’âge et de la santé du donneur
  • Le coût reste élevé et la réglementation est très stricte
  • Les procédures ne sont pas standardisées

    D’autres études sont nécessaires pour évaluer son efficacité et sa sécurité à long terme (risque de cancer?) et développer de nouvelles technologies de préservation.


Conclusion

Bien que les résultats primaires sont encourageants les applications pratiques à grande échelle ne sont pas pour demain

Nouveau pansement non adhésif : quelles améliorations pour les soins de plaies ? »🩹

Nouveau pansement non adhésif : quelles améliorations pour les soins de plaies ? »🩹

Le pansement superabsorbant de Coloplast® vient de sortir sous le nom de BIATAIN SUPERABSORBER®.

Ce dispositif manquait à la gamme de Coloplast® et vient donc la compléter.

Ce pansement non adhésif, sans silicone, offre une absorption importante et une grande conformabilité, comparable à celle de ses concurrents.

Disponible en diverses tailles, il est également remboursé selon les mêmes modalités que les autres produits similaires.

Avantage clé : son interface en polyéthylène permet une application en pansement primaire, réduisant ainsi la douleur lors du retrait.


Quelques points sont à améliorer :

Absence de petite taille (par exemple, 5 x 5 cm).
Pas de version avec bordure siliconée sans silicone sur la surface absorbante, ce qui serait bénéfique pour les zones sacrées, ischiatiques ou trochantériennes.

Retrouvez le avec les tailles sur le cicannuaire (VF)

Accès direct aux infirmiers pour les plaies : révolution ou risque ?

Accès direct aux infirmiers pour les plaies : révolution ou risque ?

Une autonomie nouvelle pour les infirmiers, avec des responsabilités accrues.

Nous nous dirigeons vers un accès direct aux infirmières pour les soins de plaies, grâce à une nouvelle loi en préparation.

👉 Pour les experts en plaies et cicatrisation, c’est une avancée importante ! Elle fluidifiera le parcours de soin et évitera les retards de prise en charge liés aux contraintes d’ordonnance. Cette autonomie accrue porte aussi de nouvelles responsabilités.

Cependant, prudence pour les infirmiers non spécialisés.
Beaucoup n’ont reçu qu’une formation limitée en plaies et cicatrisation durant leurs études.
Sans DPC ou DU en la matière, ils risquent de passer à côté de diagnostics importants : ulcères artériels, ulcères cancéreux, et bien d’autres.
Cela pourrait entraîner des erreurs de prise en charge, comme l’application de contention sur des plaies où elle est contre-indiquée (ex : artérite sévère, plaies pathergiques).

Un mauvais choix de pansement peut même aggraver la plaie.

Un minimum de formation est essentiel pour une prise en charge sécurisée, incluant les cas où l’avis médical est indispensable.

Enfin, je rappelle qu’une expertise sécurisée en plaies et cicatrisation nécessite un travail en binôme entre médecins et infirmiers experts.

Cette collaboration, essentielle pour la sécurité et l’efficacité des soins, peut s’établir en présentiel ou à distance.

👥 Ensemble, pour des soins sécurisés et adaptés.

Pourquoi attendre un poste ? Créez votre propre centre de cicatrisation ! 

Pourquoi attendre un poste ? Créez votre propre centre de cicatrisation ! 

Dans mon précédent post, j’évoquais la difficulté pour les infirmiers experts cliniciens de trouver des postes leur permettant d’exercer pleinement leur spécialité.

Plutôt que d’intégrer des structures existantes, pourquoi ne pas créer votre propre centre de cicatrisation ambulatoire en ville ou dans une clinique ?

Le maillage des centres de plaies est insuffisant sur le territoire français. Il y a donc de réelles opportunités pour créer de nouveaux centres.

L’idée est simple : se rapprocher de médecins qui n’ont pas nécessairement le DU Plaies et Cicatrisation ni d’intérêt particulier pour cette spécialité. Il s’agit de leur présenter un projet de centre de plaies, en insistant sur l’importance de cette initiative face au vieillissement de la population et l’augmentation attendue du nombre de plaies chroniques dans les années à venir.

Le centre serait composé d’un infirmier expert en cicatrisation et d’un médecin référent. Ce dernier accompagnerait l’infirmier en cas de difficultés, serait le prescripteur médical, et ouvrirait les portes à un réseau de médecins et de chirurgiens spécialisés.

Il est important de noter que ce partenariat ne doit pas alourdir la charge de travail du médecin ni nécessiter qu’il obtienne un DU Plaies et Cicatrisation.

Ce centre de plaies pourrait être créé avec un généraliste, un angiologue, un dermatologue ou un chirurgien vasculaire. Les angiologues et chirurgiens vasculaires sont particulièrement réceptifs à ce type de projet, les plaies d’origine vasculaire étant les plus fréquentes.

Officialiser un centre de plaies permettrait également à l’infirmier expert de recruter des patients plus facilement.

Mon conseil : n’hésitez pas à prospecter, à prendre des rendez-vous avec des médecins autour de vous. Le futur des soins en cicatrisation est entre vos mains !

Les indicateurs clés d’une infection de plaie

Les indicateurs clés d’une infection de plaie

Diagnostic avant tout clinique

Le diagnostic d’une infection de plaie repose principalement sur des critères cliniques. Cependant, la documentation bactériologique est nécessaire pour confirmer l’infection.
Uun bilan biologique peut également être requis pour affiner le diagnostic comme par exemple le pied diabétique ou en cas de doute.

Critères cliniques

Il est essentiel de savoir repérer les signes cliniques qui suggèrent une infection de plaie. Voici les principaux critères classiques à surveiller :

  • Cellulite (rougeur, chaleur, œdème)
  • Abcès
  • Écoulement (pus, séro-purulent, pus avec du sang)

Critères additionnels

Outre les critères classiques, certains signes supplémentaires doivent attirer l’attention, notamment :

  • Retard ou arrêt de la cicatrisation
  • Dégradation brutale de la plaie
  • Augmentation des exsudats
  • Augmentation de la douleur
  • Odeur anormale
  • Coloration anormale du lit de la plaie ou changement de couleur
  • Tissu de granulation friable, saignant facilement

Ces signes peuvent indiquer une infection qui nécessite une prise en charge rapide et adaptée.

Cas particuliers : le pied diabétique

Pour les patients atteints de diabète, certains signes spécifiques peuvent orienter vers une infection de plaie :

  • Douleur, alors que le pied diabétique est normalement insensible
  • La Nécrose est à la fois un signe d’infection et d’ischémie
  • Contact osseux, qui doit être considéré comme une ostéite jusqu’à preuve du contraire

Infections sur matériel

Lorsqu’une plaie est en contact avec du matériel, il est important de surveiller certains signes qui peuvent indiquer une infection :

  • Présence d’un granulome inflammatoire hyperplasique, aussi appelé botryomycome ou granulome pyogénique
  • Écoulement chronique sur fistule
  • Contact avec du matériel sur une plaie chronique, considéré comme une infection sur matériel jusqu’à preuve du contraire

Ulcère artériel

L’infection d’un ulcère artériel peut aussi être signalée par :

  • Une nécrose sèche qui devient humide
  • Une nécrose extensive

Conclusion

L’identification rapide des signes cliniques d’une infection de plaie permet d’adapter le traitement et d’améliorer les chances de guérison. N’hésitez pas à contacter un professionnel de santé en cas de doute ou de symptômes alarmants.

Pour plus de conseils et d’informations sur la cicatrisation des plaies,  contactez moi directement via la messagerie.

Crème à l’Aloe Vera en cicatrisation

Crème à l’Aloe Vera en cicatrisation

L’aloe vera, aux multiples vertus médicinales, pourrait être un allié dans la prise en charge des plaies. Hydratant, anti-inflammatoire et antimicrobien, il stimule la cicatrisation. Des études cliniques confirment son efficacité, notamment sur les plaies chirurgicales et les brûlures.

L’aloe vera est une plante très à la mode, reconnue pour de multiples propriétés médicinales. Son utilisation en crème peut être intéressante dans la prise en charge des plaies.

🟢 Propriétés de l’Aloe Vera :

Hydratation Intense : L’aloe vera est connu pour être fortement hydratant, ce qui est important pour maintenir un environnement optimal pour la cicatrisation des plaies.

Anti-inflammatoire : Ses propriétés anti-inflammatoires aident à réduire l’inflammation et la douleur associées aux plaies.

Antimicrobien : Il possède des effets antimicrobiens qui peuvent prévenir les infections.

Stimulation de la Production de Collagène : L’aloe vera favorise la synthèse du collagène, essentiel pour une cicatrisation rapide et efficace.

🔍 Études Cliniques :

Des recherches cliniques ont confirmé l’efficacité de l’aloe vera dans la cicatrisation des plaies :

Étude de 2018 : Une étude publiée dans le Journal of Clinical Nursing a démontré que l’application d’une crème à l’aloe vera sur des plaies chirurgicales a réduit significativement le temps de cicatrisation par rapport au groupe témoin utilisant une crème placebo.

Recherche en 2020 : Une autre étude publiée dans l’International Wound Journal a révélé que les patients utilisant une crème à base d’aloe vera pour traiter les brûlures de second degré ont montré une amélioration notable dans la réduction de la douleur et du temps de guérison par rapport à ceux utilisant des traitements standards comme la sulfadiazine argentique.

Il n’y a pour l’instant pas d’études sur les plaies chroniques. L’aloe vera pourrait être une piste intéressante.