FAQ Dermite ocre
Qu’est-ce que la dermite ocre ? (définition générale + « dermite ocre des jambes »)
La dermite ocre des jambes est une hyperpigmentation brun-rouille secondaire à l’hyperpression veineuse chronique. Elle reflète la sévérité de l’insuffisance veineuse et correspond au stade C4a de la classification CEAP.
Quels sont les signes cliniques précoces et évolutifs ?
Coloration brun-rouille péri-malléolaire s’étendant parfois à la jambe, jambes qui grattent, taches sur les jambes, ou plaque rouge cheville en cas d’eczéma associé ; la douleur est rare hors sclérose ou ulcère.
Comment différencier la dermite ocre, de l’eczéma de stase, l’hémosidérose, l’hyperpigmentation post-inflammatoire, l’hémochromatose, et le purpura ?
Dermite ocre : pigmentation ferrique liée à l’IVC. Eczéma de stase : prurit marqué et plaques inflammatoires. Hémosidérose post-traumatique : localisée. Hyperpigmentation post-inflammatoire : après dermatose. Hémochromatose : diffuse. Vascularites : purpura palpable.
Quel est le Code CIM-10 correspondant à la dermite ocre ?
I87.2 – Insuffisance veineuse (chronique) (périphérique), avec éventuellement I83.x en cas de varices compliquées.
Quelles sont les causes principales ?
IVC superficielle ou profonde, hyperpression prolongée (station debout, obésité, grossesses multiples).
Quel le mécanisme de dépôt d’hémosidérine, le rôle du fer et de l’inflammation ?
L’extravasation des hématies entraîne un dépôt d’hémosidérine riche en fer, déclenchant une inflammation et une fibrose locale.
Quels sont les facteurs de risque ?
Âge, obésité, sédentarité, antécédents de TVP/TVS et orthostatisme prolongé.
Quelle est la physiopathologie (microcirculation, inflammation chronique) ?
Hyperpression veineuse, altérations microcirculatoires, inflammation chronique conduisant à la lipodermatosclérose et à l’atrophie blanche.
Comment diagnostiquer en pratique clinique ?
Diagnostic clinique : pigmentation brun‑rouille péri‑malléolaire dans un contexte d’IVC.
Quels sont les examens utiles ?
Écho‑Doppler veineux pour objectiver le reflux et évaluer la sévérité ; bilan vasculaire selon contexte.
Scores ou protocoles standardisés éventuels ?
La classification CEAP est la référence pour stadifier la maladie veineuse chronique. La compression est le traitement principal.
Quels sont les diagnostics différentiels avec d’autres dermatoses pigmentées ?
À distinguer de l’eczéma de stase, de l’hémosidérose post‑traumatique, de l’hyperpigmentation post‑inflammatoire, de l’hémochromatose et des vascularites.
La dermite ocre est-elle grave ?
Pas grave en soi, mais marqueur de sévérité et facteur de risque d’ulcère.
La dermite ocre démange-t-elle ? Est-elle douloureuse ?
Prurit fréquent ; douleur rare hors sclérose ou ulcère.
Quels sont les risques d’évolution ?
Risque d’ulcère veineux, d’atrophie blanche, de lipodermatosclérose et de surinfections.
Quelles sont les urgences cliniques possibles ?
Plaie variqueuse infectée ou dermite de stase surinfectée : prise en charge rapide.
Quel est le Pronostic à long terme
Dépend du contrôle étiologique veineux et de l’adhésion à la compression.
Quelle est l’approche thérapeutique standard ?
Compression médicale + prise en charge étiologique veineuse.
Quel est le rôle de la compression élastique (types de dispositifs, indications) ?
Bas, chaussettes, bandes (20–40 mmHg) en première intention, après vérification de l’IPS.
Quels sont les traitements topiques possibles ?
Émollients, dermocorticoïdes en cas d’eczéma ; topiques cuivre‑zinc, dépigmentants/chélateurs de fer (efficacité limitée) ; antiseptiques uniquement en cas de surinfection.
Quelles sont les options de médecine interventionnelle ?
Sclérothérapie, ablation thermique, MOCA, cyanoacrylate, chirurgie selon indication (notamment en contexte d’ulcère).
Quelles innovations thérapeutiques ?
Lasers dépigmentants et photothérapie : options encore évaluées, données limitées.
Quelles sont les mesures complémentaires ?
Hydratation, élévation des jambes, activité physique, perte de poids, cures thermales.
Comment prévenir la progression vers l’ulcère ?
Compression, hygiène de vie, suivi régulier.
Quelles sont les mesures pour éviter la récidive ?
Compression quotidienne, contrôle pondéral, activité physique.
Quelle éducation du patient ?
Adhésion au port de compression, hygiène cutanée, auto‑surveillance.
Quel suivi à long terme ?
Suivi régulier par médecin, infirmier, angiologue et dermatologue si besoin.
Quand orienter vers un angiologue, dermatologue, phlébologue ?
En cas de doute diagnostique, d’ulcère ou de complications cutanées.
Coordination médecin généraliste – infirmier(ère) – spécialiste ?
Coordination indispensable pour la pose de la compression, le suivi cutané et la prise en charge globale.
Importance de l’éducation thérapeutique et du parcours de soins pluridisciplinaire ?
L’ETP est essentielle pour prévenir les ulcères et améliorer l’observance thérapeutique.
Références
- Lurie F, et al. The 2020 update of the CEAP classification system. J Vasc Surg Venous Lymphat Disord. 2020.
- Zegarra TI, et al. CEAP Classification of Venous Disorders. StatPearls. 2023.
- Yosipovitch G, et al. Stasis Dermatitis: Clinical presentation & management. Dermatol Ther (Heidelb). 2023.
- Attaran RR, et al. Chronic venous disease—skin changes. JSCAI. 2023.
- WHO ICD-10 CM. I87.2 – Venous insufficiency (chronic) (peripheral). 2025.
- EWMA. Compression therapy – Guidelines. 2023.
- Bernatchez SF, et al. Venous leg ulcers: assessment & compression. Wound Rep Reg. 2021.
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- Heidemeyer K, et al. QS‑Nd:YAG lasers in cutaneous siderosis. Acta Derm Venereol. 2020.
- MSD Manual Professional Edition. Stasis dermatitis. 2025.