Traitement de seconde ligne : le PRP pour les plaies chroniques

Traitement de seconde ligne : le PRP pour les plaies chroniques

Le Plasma Riche en Plaquettes ou PRP est la fraction du sang qui possède une concentration en plaquettes au-dessus de la normale. Or, les plaquettes sont une source de facteurs de croissance impliqués dans la régénération et la croissance des tissus. Certains de ces facteurs favorisent la prolifération et la migration des cellules, d’autres, la synthèse de collagène, de la matrice extracellulaire, le remodelage, l’angiogenèse (néovascularisation), l’augmentation de la perméabilité capillaire, etc…(1)

En concentrant le plasma contenant des plaquettes, on va augmenter la quantité de facteurs de croissance et donc favoriser le processus de cicatrisation d’une plaie (2)(3)(4). Par ailleurs, le PRP semble avoir également des propriétés antibactériennes.

La technique

Le PRP peut être injecté le long de la bordure d’une plaie. Il peut aussi être appliqué sous forme de membrane dans la plaie. Cette membrane va libérer progressivement les facteurs de croissance dans la plaie.

L’injection et la membrane peuvent être associées.

Il n’est pas rare de tremper les greffons de peau dans le PRP avant la pose. On peut aussi allier l’injection de PRP à la réalisation d’une greffe.

Les indications

Plaies résistantes aux traitements conventionnels

Plaies d’artérite et du diabétique (5)(6)

Plaies de grande taille non greffable (réduction de taille pour permettre une greffe ultérieure) (3)

Greffes de plaies (7)

Petites plaies non greffables

Cicatrices atrophiques à risque d’ulcère

Plaies avec exposition osseuse, ou de tendon, avec lambeau de réalisation difficile (8)

Les contre indications

Plaie avec infection non maîtrisée

Plaie cancéreuse

Préparation du PRP

Une simple prise de sang (veineux) est effectuée sur la personne à traiter. Le sang est recueilli dans des tubes spéciaux. Ces tubes sont placés dans une centrifugeuse préprogrammée, qui va tourner pendant quelques minutes. La centrifugeuse a pour rôle de séparer la fraction plasmatique des globules rouges. On récupère ensuite la fraction plasmatique dans des seringues, pour l’injection, ou dans un récipient stérile pour réaliser une membrane.

Le traitement de la plaie

Il peut se faire aussi bien au bloc opératoire qu’en salle de soins.

Des antibiotiques peuvent être prescrits pour encadrer le geste. Le PRP est ensuite injecté autour de la plaie sous anesthésie légère (protoxyde d’azote), puis le pansement habituel est appliqué. Si une membrane a été réalisée, elle est découpée à la taille de la plaie puis appliquée. Un pansement adéquat est ensuite apposé. Le patient rentre à son domicile.

Le suivi

Il se fait à domicile par l’infirmière habituelle. En cas d’injection seule, il n’y a pas de surveillance particulière. En cas de membrane associée, l’infirmière passe tous les jours surveiller le pansement. Une consultation de contrôle a lieu 15 jours après. Il faut parfois deux à trois séances pour obtenir un résultat satisfaisant. En cas de greffe associée, les consultations sont plus rapprochées.

(1) Anthony P. Sclafani, MD; Steven A. McCormick. Induction of Dermal Collagenesis, Angiogenesis, and Adipogenesis in Human Skin by Injection of Platelet-Rich Fibrin Matrix. Arch Facial Plast Surg. Published online October 17, 2011. doi:10.1001/archfacial.2011.784

(2) Aprili, G., Gandini, G., Guaschino, R., Mazzucco, L., Salvaneschi, L., & Vaglio, S. (2013). SIMTI recommendations on blood components for non-transfusional use, 11(4), 611–622.

(3)Crovetti, G., Martinelli, G., Issi, M., Barone, M., Guizzardi, M., & Campanati, B., et al. (2004). Platelet gel for healing cutaneous chronic wounds. Transfusion and apheresis science: official journal of the World Apheresis Association: official journal of the European Society for Haemapheresis, 30(2), 145–151.

(4) Nandhagopal Vijayaraghavan1, Devi Prasad and all. , Department of Plastic Surgery, JIPMER, Pondicherry, India. Role of Autologous Platelet Rich Plasma (APRP) in Wound Healing. JSWCR 2014; 7(1): 23-28.

(5)Yotsu, R. R., Hagiwara, S., Okochi, H., & Tamaki, T. (2015). Case series of patients with chronic foot ulcers treated with autologous platelet-rich plasma. The Journal of Dermatology.

(6) Kontopodis, N., Tavlas, E., Papadopoulos, G., Pantidis, D., Kafetzakis, A., Chalkiadakis, G., & Ioannou, C. (2015). Effectiveness of Platelet-Rich Plasma to Enhance Healing of Diabetic Foot Ulcers in Patients With Concomitant Peripheral Arterial Disease and Critical Limb Ischemia. The International Journal of Lower Extremity Wounds.

(7) Tzeng, Y.-S., Deng, S.-C., Wang, C.-H., Tsai, J.-C., Chen, T.-M., & Burnouf, T. (2013). Treatment of nonhealing diabetic lower extremity ulcers with skin graft and autologous platelet gel: A case series. BioMed Research International, 2013.

(8) Valerio Cervelli, Lucilla Lucarini, Diana Spallone, Ludovico Palla, Gianfranco Marcello Colicchia, Pietro Gentile, and Barbara De Angelis. Use of Platelet-Rich Plasma and Hyaluronic Acid in the Loss of Substance with Bone Exposure. Advances in skin & wound care. Wound Care Journal (2011).

Quelles sont ces plaies étranges ?

Quelles sont ces plaies étranges ?

Elles ne sont pas fréquentes, mais peuvent parfois nous surprendre.

Après le lavage puis la détersion, la plaie semble s’étendre de manière centrifuge de jour en jour et devient de plus en plus douloureuse. La bordure est inflammatoire voire nécrotique par endroit. L’infirmière est inquiète.

Après une chirurgie mammaire de réduction, on constate l’apparition d’ulcérations creusantes sous les mammelons au niveau des zones d’incision. Ces lésions sont d’aspect comparables et non douloureuses. Elles ne s’arrangent pas avec les pansements.

Une plaie creusante de jambe d’aspect inhabituel avec des zones purulentes a été nettoyée au bloc opératoire. Une plastie a été réalisée. Quelques jours après une lésion de même aspect bizarre réapparaît sur la zone suturée….

Un patient porteur d’une ceinture de soutien abdominal pour une éventration, présente des érosions chroniques confluantes sur son abdomen. Une greffe a été pratiquée qui n’a pas tenue. Les érosions sont réapparues et la zone donneuse de greffe commence à présenter également des érosions devant le chirurgien paniqué…..QUELLES SONT CES PLAIES ÉTRANGES (II) ?

Tous ces cas cliniques ont un point commun : ce sont des lésions PATHERGIQUES. 🤔🤔🤔

Ce phénomène de pathergie doit être compris au sens large :
Après un traumatisme minime peuvent apparaître des plaies qui reproduisent une lésion déjà présente ou qui se multiplient. Cela peut-être aussi une aggravation d’une ulcération existante à chaque répétition du traumatisme (frottement, détersion, compression, friction, piqûre, etc…)

Cela peut s’observer sur 4 types d’ulcères relativement rares :
L’angiodermite nécrotique et la calciphylaxie qui sont très douloureuses , le pyoderma gangrenosum où la dermatose érosive pustuleuse qui peut s’aggraver sous compression et/ ou avec le frottement.

Il existe des techniques pour ne pas frotter la plaie lors des soins. 

 

Quel savon utiliser pour les soins de plaies ?

Quel savon utiliser pour les soins de plaies ?

Voilà une question qui peut paraître triviale mais qui a toute son importance avec les risques de iatrogénie pouvant impacter la cicatrisation. 😐

Pour schématiser, il existe deux types de produits destinés à laver les plaies

Le savon : en se mélangeant à l’eau il produit une solution alcaline (pH proche de 10). Il peut parfois entraîner une sécheresse de la peau périphérique ou une irritation.

Le « syndet » pour « synthetic detergent » que l’on appelle communément « pain ou savon dermatologique » qui a un pH plus proche de la peau et est moins irritant (existe en solide, liquide ou gel)

Si le patient utilise le même produit de savon depuis plusieurs années il y a peu de chances qu’il développe une intolérance pour les soins de plaies.

=> donc en pratique : Si le patient utilise le même savon pour la toilette depuis plusieurs années, il peut être utilisé pour les soins des plaies.

Au moindre doute on utilisera plutôt le pain ou savon dermatologique. Voilà c’est simple ! 😉

P.S : pour compléter, voir aussi notre article sur la douche et sur le lavage doux

Retard de cicatrisation et scorbut : pas si rare…

Retard de cicatrisation et scorbut : pas si rare…

En avez vous rencontré(s) ? undecided

On estime que 5 à 10 % de la population des pays industrialisés présente un déficit en vitamine C. La prévalence et l’incidence est plus élevée chez les personnes âgées. En effet, les personnes âgées sont particulièrement exposées au risque de déficit.

Devant un ulcère chez une personne âgée, nous devons parfois évoquer la possibilité d’un scorbut participant au retard de cicatrisation. Dans quelle(s) situation(s) ?

 

Cette carence semble plus fréquente chez les personnes âgées vivant en institution plutôt qu’à domicile.

De nombreux facteurs de risque sont également associés à l’hypovitaminose C en gériatrie : le plus fréquent étant la malnutrition puis ensuite d’autres comme le tabagisme, l’alcoolisme chronique, le diabète, l’obésité, l’insuffisance rénale, un certain nombre de thérapeutiques etc…

En cas de retard de cicatrisation chez la personne âgée, il faut évoquer le scorbut devant un certain nombre de signes cliniques.

Nous ne citerons que les plus courants et les plus spécifiques :

Des signes dermatologiques :

  • l’hyperkératose périfolliculaire responsable d’une peau sèche et rêche principalement sur les zones d’extension des membres
  • Un purpura sur les zones déclives
  • Des poils en tire-bouchon ou col de cygne caractéristiques 
  • Des ongles déformés en forme de cuillère (koilonychie)
  • Une majoration des œdèmes des membres inférieurs sans poussée d’insuffisance cardiaque.
  • Des ecchymoses et des hématomes au niveau des zones déclives en particulier des hématomes rétro malléolaires.
  • une fragilité capillaire entraînant des pétéchies

Des troubles stomatologiques : une hypertrophie gingivale, une édentation, des gingivorragies.

Optimiser le prélèvement bactériologique dans les ulcères de jambe

Optimiser le prélèvement bactériologique dans les ulcères de jambe

Maîtrisez l’art du prélèvement bactériologique dans les plaies chroniques : les règles d’or pour des analyses microbiologiques fiables.

Pour des prélèvements bactériologiques de qualité, quelles sont les règles simples à suivre ? quelles plaies cibler ? Avec quel matériel ? Une approche méthodique pour des résultats fiables.

Pour garantir la qualité d’un prélèvement bactériologique exploitable, il est essentiel de suivre quelques règles simples.

Il est impératif de rappeler que le prélèvement bactériologique ne doit être effectué que sur des plaies suspectes d’infection.

En pratique, les agents responsables d’une infection sont souvent localisés en profondeur.

Avant d’initier les soins, il est recommandé de rincer la plaie avec du sérum physiologique sous pression afin d’éliminer la flore transitoire, qui n’est pas responsable de l’infection.

Ensuite, il est nécessaire d’effectuer une détersion de la plaie en cas de présence de tissus fibrineux ou fibrino-nécrotiques pour dégager le fond de la plaie autant que possible.

Il est possible de réaliser un écouvillonnage en zigzag de la plaie sans toucher les bords. Cependant, la méthode optimale consiste à effectuer une biopsie des tissus en profondeur à l’aide de matériel stérile tel qu’une curette, une pince à griffes avec des ciseaux, un bistouri ou un punch à biopsies.

Le spécimen ainsi obtenu est recueilli dans un tube à écouvillon contenant un liquide adapté à la conservation et au transport des bactéries anaérobies et aérobies.

Par la suite, les soins peuvent reprendre normalement, notamment avec le lavage à l’eau et au savon doux à pH neutre, etc. 👍😀

Les centres de plaies et cicatrisation ont-ils un problème de visibilité ?

Les centres de plaies et cicatrisation ont-ils un problème de visibilité ?

Un recensement récent effectué par la SFFPC a permis d’établir une cartographie des centres de plaies et cicatrisation sur le territoire français.
Environ 100 centres ont été identifiés, et probablement plus non déclarés.

Beaucoup de patients nous confient que les centres de plaies sont peu connus voire même qu’ils ignoraient leur existence jusqu’à leur prise en charge.

2 raisons principales opposées expliquent cela :

1 ) un déficit de communication :
très peu de centres font parler d’eux, malgré les facilités numériques proposées aujourd’hui et le faible coût des campagnes (flyer, e-mailing, audiovisuel, etc…). Les médecins et infirmiers ainsi que les cadres ne sont pas forcément versés dans la communication-marketing.

2) une volonté propre à un certain nombre de centre de ne pas trop recruter de patients.
Ces centres sont souvent annexe à un service spécialisé, généralement hospitalier, comme la dermatologie, la chirurgie plastique, la diabétologie, la médecine vasculaire ou la chirurgie vasculaire, etc…
Ces services craignent d’être envahis de demandes de prise en charge, le nombre de centre pouvant prendre en charge les plaies étant aujourd’hui insuffisants.