Crème barrière pour quelle plaie ?

Crème barrière pour quelle plaie ?

Les crèmes barrières sont un rempart essentiel pour préserver la peau autour des plaies. Elles protègent contre les exsudats, les dermites et les sécrétions stomiales. Diverses formulations sont adaptées à chaque besoin, des gels aux composés spécifiques et même des options naturelles , pour une Gestion efficace des plaies à risque.

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Dans le domaine de la cicatrisation, les crèmes barrières jouent un rôle essentiel en protégeant la peau péri-lésionnelle des agressions extérieures. La cicatrisation d’une plaie se produit à partir de ses bords, ce qui rend impératif d’avoir une peau péri-lésionnelle saine.

 

Ces produits topiques sont particulièrement utiles pour protéger la peau contre divers facteurs, notamment :

 

  1. Les Exsudats de la Plaie : Ils sont généralement nocifs pour la peau péri-lésionnelle.
  2. Les Dermites : Ces crèmes sont efficaces pour prévenir des affections telles que la dermite d’irritation, la dermite de siège (notamment la dermite liée à l’incontinence).
  3. Les Sécrétions Stomiales : Dans des cas plus spécialisés, elles protègent la peau contre les sécrétions provenant de stomies.

 

Il existe plusieurs types de produits barrières, chacun adapté à des besoins spécifiques : 

  • À base de Diméthicone sous forme de gel : Exemple avec l’ALDANEX®.
  • Diméthicone + Mhevozyx® sous forme de mousse : Comme l’IRRIPROTECT® ou l’ESCARPROTECT®.
  • Crèmes : Comme le DERMALIBOUR BARRIER®.
  • Composés spécifiques : Tels que le terpolymère d’acrylate + polyphénylméthylsiloxane + hexaméthyldisiloxane + isooctane, trouvés dans le 3M cavilon® crème, 3M cavilon spray® ou tampon applicateur.
  • Produits Naturels : Par exemple, le liniment oléo-calcaire à base d’eau de chaux et d’huiles végétales. 

Il est à noter que l’argile en poudre est également une option à considérer, bien qu’elle ne soit pas sous forme de crème.

 

En résumé, les crèmes barrières sont des outils précieux dans la gestion des plaies, offrant une protection essentielle pour la peau péri-lésionnelle, tout en prenant en compte les besoins spécifiques de chaque situation.

Peut-on doucher les plaies ?

Peut-on doucher les plaies ?

Dans nos pays, l’eau courante est tout à fait adaptée pour le lavage des plaies, éliminant la nécessité systématique du sérum physiologique. L’objectif principal est d’assurer un nettoyage efficace et hygiénique, tout en favorisant le confort du patient. L’article explore les avantages et rappelle l’importance du lavage des plaies dans les soins de santé.

Il est fréquent d’entendre des conseils sur le lavage des plaies qui suscitent la confusion. Certains disent qu’il ne faut pas utiliser l’eau courante, en particulier sous la douche, et préconisent uniquement l’utilisation de sérum physiologique. Cependant, il est essentiel de clarifier ce sujet. 😐

Dans nos pays, il n’y a aucune contre-indication à utiliser de l’eau courante pour le lavage des plaies. L’utilisation systématique du sérum physiologique n’est pas nécessaire. En fait, aucune étude scientifique ne confirme cette nécessité.
Vous avez le choix d’utiliser de l’eau courante ou du sérum physiologique pour le lavage des plaies. Il est important de comprendre que l’objectif premier est d’assurer un lavage efficace et hygiénique. Certains utilisent le Sérum Physiologique pour l’irrigation des plaies après lavage.

Rappelons que le lavage des plaies est indispensable dans la prise en charge.
De plus, la douche est un élément essentiel de l‘hygiène et du confort du patient. Le lavage à la douche peut également servir à effectuer un premier geste de détersion des plaies, à éliminer les bactéries, les cellules sénescentes, des cellules mortes, et les protéines de l’inflammation.

En cas de douleur, il est possible d’impliquer le patient dans le processus de soin. On peut lui proposer d’enlever lui-même son pansement sous la douche, à son propre rythme, en attendant l’arrivée des infirmiers. Réduire la douleur est un facteur crucial lors de soins répétés et prolongés pour des plaies chroniques.

Le risque de chute ne doit pas être un obstacle. Il est envisageable d’organiser la douche en collaboration avec les auxiliaires ou les infirmières, en respectant le rythme du patient. Cette approche peut renforcer la confiance du patient et favoriser sa coopération.

En résumé, le choix entre l’eau courante et le sérum physiologique pour le lavage des plaies dépend des préférences du patient et de la situation. L’essentiel est de garantir un nettoyage efficace tout en veillant au confort et à la sécurité du patient. 😉

P.S : pour compléter, voir aussi notre article sur le choix du savon et le lavage sans frotter

Attention à l’érysipèle : anticipez les complications de cicatrisation

Attention à l’érysipèle : anticipez les complications de cicatrisation

Dans l’univers de la cicatrisation, l’Érysipèle est une infection cutanée redoutable et se profile souvent en tant que prélude à des complications majeures. Comment cette infection peut déclencher des lymphœdèmes, créer des ulcères de jambe ? Pourquoi une vigilance précoce est cruciale pour minimiser ces risques ?

L’érysipèle est une infection cutanée aiguë bien connue des soignants. Elle est principalement causée par le streptocoque bêta-hémolytique du groupe A. Cette infection se caractérise par une inflammation de la peau, accompagnée de symptômes tels que rougeur, douleur intense, œdème important et fièvre.

Elle affecte le plus souvent les membres inférieurs, notamment les jambes, et peut parfois nécessiter une hospitalisation prolongée, en particulier chez les individus fragiles présentant des comorbidités.

Dans le domaine de la cicatrisation, il est essentiel de reconnaître que cette infection peut entraîner des complications importantes.

 

Le lymphoedème et ses complications propres

Tout d’abord, elle peut provoquer un lymphœdème.

En cas de retard dans le traitement de l’érysipèle, cette infection peut endommager le réseau lymphatique, entraînant ainsi un œdème lymphatique chronique. La gestion de ce problème nécessite le port de compressions adaptées permanentes.

Le lymphœdème peut également favoriser l’apparition d’ulcères cutanés, tout en augmentant le risque de récidive d’érysipèle. Il peut être nécessaire de prescrire un traitement antibiotique préventif jusqu’à ce que l’ulcère soit complètement cicatrisé, voire au-delà dans certains cas.

 

Une source d’ulcères de jambe

En outre, l’érysipèle peut directement être à l’origine d‘ulcères de jambe chez des patients à peau fragilisée, en particulier ceux souffrant de dermatoporose, d‘insuffisance veineuse ou artérielle préexistante, ou d’atrophie cutanée, entre autres.

 

Conclusion

Il est donc essentiel de diagnostiquer précocement cette infection et de la traiter rapidement.

Une prise en charge adéquate de l’érysipèle est cruciale pour minimiser les risques de complications liées à la cicatrisation et pour garantir la meilleure qualité de vie possible aux patients touchés.

La Soie d’Araignée : Le Fil vers une Révolution de la Cicatrisation ?

La Soie d’Araignée : Le Fil vers une Révolution de la Cicatrisation ?

Découvrez la soie d’araignée, un matériau exceptionnel pour la cicatrisation. Antibactérienne et résistante, elle promet une révolution médicale, malgré les défis de production.

La soie d’araignée est depuis longtemps connue pour ses vertus de cicatrisation, mais son utilisation a été limité dans l’histoire, en raison de la difficulté de production de cette substance naturelle.

Les propriétés uniques de la soie d’araignée

Aujourd’hui elle suscite un intérêt croissant parmi les chercheurs grâce à la découverte de ses propriétés exceptionnelles pour la cicatrisation :

  • Antibactériennes la soie contient des protéines bactéricides en prévention des infections,
  • Bonne Tolérance par le Corps Humain : elle présente des risques minimes de réactions allergiques,
  • Un matériau unique : les études ont montré que la soie était plus résistante que l’acier à poids égal, tout en conservant une forte élasticité, ce qui est exceptionnel.

Applications potentielles sur la cicatrisation

Les ingénieurs travaillent actuellement sur la mise au point de pansement en soie d’araignée, mais également la fabrication de sutures chirurgicales ainsi que la combinaison de la soie avec des médicaments tels que des facteurs de croissance pour stimuler la cicatrisation ou même des antibiotiques.

Une étude a présenté de la soie imprégnée d’antibiotiques (levofloxacine) à libération prolongée. (lire sur ce sujet l’article du site web santé log.

Le principal défi

Cependant, le principal obstacle de la commercialisation est la production à grande échelle de la soie d’araignée. La fabrication naturelle en grande quantité n’est pas possible. C’est la raison pour laquelle les laboratoires s’attachent à développer une production de soie synthétique à l’aide de bactéries génétiquement modifiées.

Conclusion

La mise au point de tels pansements, pourrait révolutionner le traitement des plaies avec la fabrication de soie synthétique.

Comment améliorer la prévention de l’escarre du talon ?

Comment améliorer la prévention de l’escarre du talon ?

L’appui prolongé n’est pas que la seule cause d’escarre du talon. Un récent article de la revue Woundsinternational montre que deux autres causes doivent être absolument identifiées et pourquoi ?

Un article intéressant est sorti dans le numéro d’avril 2023 de Woundsinternational :

Ce papier fait le point sur la prévention de l’escarre du talon.

Les particularités du talon

Plusieurs constats  :

L’escarre du talon est beaucoup plus fréquente que l’on croit.

L’anatomie particulière du talon et la distribution artérielle créent un risque unique de blessure.

Le risque de développement d’escarre du talon n’est pas toujours évident. L’appui prolongé est bien reconnu dans les causes, mais deux autres éléments semblent également identifiés : l’artériopathie et le diabète.

Les études cliniques sur  les conséquences de l’AOMI et du diabète sur le talon

Des études montrent qu’une artériopathie oblitérante préexistante des MI augmente le risque d’escarre.

De même, une neuropathie diabétique périphérique avec des troubles de la sensibilité augmente considérablement le risque d’escarre.

Le diabète en soit modifie également le flux sanguin de la peau du talon, augmentant également le risque d’escarre.

Par ailleurs, la peau du talon chez le diabétique est plus rigide que chez le non diabétique, ce qui augmente également le risque de plaie

Un examen plus vigilant

Il faut donc être plus vigilant lors de l’examen des patients, en particulier à travers la palpation des pouls pédieux et tibio-postérieurs, mais aussi en pratiquant régulièrement le test au monofilament chez le diabétique.

La présence d’une artériopathie et d’un diabète doit davantage nous alerter pour mieux prévenir l’apparition d’escarre.

Pour en savoir plus : lire l’article complet en anglais sur le site de Woundsinternational : « Ten top tips: pressure ulcers on the heels »

4 conseils pour mieux prévenir les effets néfastes du tabac sur la cicatrisation

4 conseils pour mieux prévenir les effets néfastes du tabac sur la cicatrisation

Le patient fumeur est la hantise des chirurgiens et des experts en cicatrisation.
Quels sont les conseils à donner avant les interventions chirurgicales ? Quel type de sevrage proposer pour limiter l’impact sur la cicatrisation ? Le tabac a de nombreuses conséquences sur les différentes phases de cicatrisation. Des études cliniques de plus en plus nombreuses exposent les complications parfois graves après chirurgie.

Pour les interventions chirurgicales

En prévention, pour les interventions chirurgicales :

1.Il est recommandé d’arrêter de fumer au moins 4 à 6 semaines avant la chirurgie afin de réduire le risque d’infection sur site opératoire.

2. En post-opératoire, l’arrêt du tabac est nécessaire pendant au moins 6 semaines, pour éviter des risques de complication.

Le sevrage tabagique

3. Si le sevrage tabagique est envisagé, il est possible d’utiliser un substitut nicotinique, mais seule la nicotine en patch n’altère pas la cicatrisation.
4. Les autres formes de substitution doivent êtres évitées.

Les effets du tabac sur la cicatrisation

Nous connaissons tous les méfaits du tabac sur la santé de manière générale.

Il est intéressant de revenir ce qui se passe au niveau de la cicatrisation

En voici les principaux effets sur les différentes phases de cicatrisation, sachant que de nombreuses recherches sont en cours :

Lors de la phase vasculaire, le tabac va d’abord affecter l’hémostase, puis retarder la phase inflammatoire.

Il entraîne également une diminution temporaire de la perfusion tissulaire et de l’oxygénation, du fait d’une vasoconstriction périphérique transitoire.

Cela n’entraîne pas de lésion sur une peau normale, mais rend les lambeaux et greffes beaucoup plus vulnérables avec un risque de nécrose.

Le tabac augmente aussi le stress oxydatif en libérant des dérivés d’oxygène comme des radicaux libres, ce qui altère les fonctions cellulaires.

A la phase de prolifération cellulaire, le tabagisme réduit la synthèse de collagène et détériore la fonction des fibroblastes ainsi que la régénération épidermique.

Au niveau macroscopique, le tabac altère davantage le processus de cicatrisation des plaies chroniques.

Des études cliniques sur les complications

Sur la cicatrisation des plaies chirurgicales, les études sont de plus en plus nombreuses. On note un risque plus élevé de complications post-opératoires, de nécrose des plaies et des tissus, de retard de cicatrisation cutanée, de désunion post-opératoires, d’infection des plaies, de hernie et de retard de cicatrisation osseuse.

Terminons par cette citation sous forme de recommandation :

Pour les grands téléphoneurs, c’est comme pour les grands fumeurs, une seule solution pour téléphoner ou fumer moins : le timbre.”